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Cacao : la Côte d’Ivoire abaisse de 57 % le prix payé aux producteurs pour la campagne intermédiaire

CACAO en afrique
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Cacao : la Côte d’Ivoire abaisse de 57 % le prix payé aux producteurs pour la campagne intermédiaire

Le gouvernement de Côte d’Ivoire a annoncé une forte réduction du prix bord-champ du cacao pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, le nouveau tarif marque une baisse d’environ 57 % par rapport au prix de 2 800 FCFA/kg appliqué lors de la grande campagne précédente. Cette décision reflète l’évolution défavorable des marchés internationaux et suscite des inquiétudes au sein de la filière.

La fixation du prix payé aux producteurs est pilotée par le Conseil du Café‑Cacao, l’organe chargé de réguler la filière en Côte d’Ivoire. L’institution ajuste périodiquement ce prix en fonction des ventes anticipées et de l’évolution des cours mondiaux.

Après une envolée exceptionnelle des prix du cacao sur les marchés internationaux en 2024 et au début de 2025, les cotations ont amorcé un recul progressif. Cette correction a réduit les marges des exportateurs et compliqué la commercialisation des fèves ivoiriennes. Dans ce contexte, les autorités ont opté pour un réajustement significatif du prix garanti afin d’aligner le marché local sur la tendance internationale.

Une campagne intermédiaire sous pression

La campagne intermédiaire, qui s’étend généralement de mars à août, représente une part plus modeste de la production annuelle, mais elle reste essentielle pour les revenus de millions de producteurs. La chute du prix bord-champ pourrait donc peser sur le pouvoir d’achat des ménages ruraux.

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire assure près de 40 % de l’offre planétaire. Le secteur constitue l’un des piliers de son économie et fait vivre plusieurs millions de personnes, depuis les cultivateurs jusqu’aux exportateurs.

La baisse du prix à 1 200 FCFA/kg risque de raviver les inquiétudes dans les zones cacaoyères, où les revenus dépendent fortement des fluctuations du marché international. Les organisations de producteurs redoutent un impact direct sur les conditions de vie des exploitants, déjà confrontés à la hausse des coûts de production et aux défis climatiques.

Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu consiste désormais à maintenir l’équilibre entre la compétitivité de la filière à l’export et la protection du revenu des planteurs. Dans un contexte de forte volatilité des matières premières agricoles, la stabilité du secteur cacaoyer reste un défi majeur pour l’économie ivoirienne.

Hervé Ganhouégnon

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