
Burkina Faso : Le gouvernement suspend l’exportation de la noix de cajou brute
Dans une décision qui risque de bouleverser le secteur agricole, le gouvernement burkinabè a annoncé la suspension immédiate de l’exportation de la noix de cajou brute. Cette mesure, officialisée par un communiqué interministériel daté du 28 mars et rendu public le 2 avril, vise à stimuler la transformation locale de cette matière première stratégique et à renforcer la valeur ajoutée au sein de l’économie nationale.
La décision, signée conjointement par les ministres du Commerce, de l’Agriculture et des Finances, interrompt la délivrance des Autorisations Spéciales d’Exportation (ASE) jusqu’à nouvel ordre. Toutefois, une période transitoire de sept jours a été accordée aux exportateurs ayant déjà engagé des formalités douanières pour leur permettre de finaliser leurs opérations.
Cette mesure radicale s’inscrit dans la volonté affichée du gouvernement burkinabè de promouvoir la transformation locale de ses matières premières agricoles. En effet, malgré son statut de producteur important de noix de cajou, le Burkina Faso transforme encore une faible proportion de sa récolte, laissant ainsi une part significative de la valeur ajoutée échapper à son économie.
Répondre aux doléances des industriels locaux
Les industriels burkinabè du secteur de la transformation ont, à maintes reprises, dénoncé la difficulté d’accéder à la matière première, en raison des volumes massifs exportés à l’état brut. En favorisant l’approvisionnement des usines locales, le gouvernement espère dynamiser cette filière stratégique et capter davantage de revenus issus de la transformation.
Un pari risqué mais potentiellement payant
Cette décision audacieuse pourrait avoir des répercussions importantes sur les marchés internationaux, notamment en Asie, où la demande en noix de cajou brute est forte. Toutefois, le gouvernement burkinabè semble déterminé à assumer les risques pour atteindre ses objectifs de développement économique.
Reste à savoir si les unités de transformation locales seront en mesure d’absorber l’offre et de proposer des prix compétitifs aux producteurs. Le succès de cette initiative dépendra également de la capacité du gouvernement à mettre en place un environnement favorable aux investissements dans le secteur de la transformation.







