BÉNIN A L’INSTANT

Bénin : une réforme fiscale exemplaire au service de l’équité, de l’efficacité et du développement

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Bénin : une réforme fiscale exemplaire au service de l’équité, de l’efficacité et du développement

Contre toutes les idées reçues, le Bénin n’a pas alourdi la charge fiscale de ses citoyens. Plutôt que de créer de nouveaux impôts, le gouvernement a initié une transformation profonde de son système fiscal, privilégiant la simplification, la modernisation et l’élargissement de l’assiette. Une approche qui porte ses fruits et démontre une volonté de développement durable, loin des solutions de facilité.

Le Code Général des Impôts, autrefois une jungle de 48 taxes différentes, est aujourd’hui bien plus simple. On compte désormais seulement 32 impôts et taxes. Cette simplification n’est pas un coup de chance : elle est le résultat d’une politique délibérée. 11 taxes obsolètes ont été purement et simplement supprimées, 5 autres ont été regroupées pour plus de lisibilité, et une seule nouvelle taxe a été instaurée — celle sur les plus-values immobilières. Le paysage fiscal est devenu plus clair, plus lisible et moins contraignant pour les contribuables.

La digitalisation au service du peuple et de l’État

La véritable clé du succès réside dans la révolution numérique. Le gouvernement, sous l’impulsion du président Patrice Talon et du ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, a misé sur la technologie pour moderniser la collecte et réduire la fraude.

La mise en place de la facturation électronique normalisée, de l’immatriculation en ligne, du dépôt dématérialisé des états financiers et des paiements via Internet a transformé la relation entre le fisc et les contribuables. Ces innovations ont un double impact positif : elles simplifient la vie des citoyens et des entreprises tout en rendant les transactions économiques plus transparentes, ce qui permet de mieux tracer l’activité et d’assurer une collecte plus équitable.

Des résultats palpables et encourageants

Cette stratégie a des effets très concrets. Entre 2016 et 2022, le nombre de contribuables a bondi de 18 783 à 24 047, soit une augmentation de près de 28 %. Cette progression est visible dans toutes les catégories : les grandes entreprises sont passées de 491 à 747, les moyennes de 2 815 à 4 800 et les autres contribuables de 15 477 à 18 500.

Cet élargissement de l’assiette fiscale a directement influencé les recettes de l’État. Selon le FMI, les revenus fiscaux ont progressé de 15 % en 2024, en grande partie grâce à une meilleure collecte de l’impôt sur les sociétés et des droits de douane. Cette performance a permis au Bénin de ramener son déficit public à 3 % du PIB, une étape fondamentale pour respecter les critères de l’UEMOA.

Bien que le Bénin soit encore loin du taux de pression fiscale de 20 % exigé par l’UEMOA (le pays était à 12,2 % en 2022), ce retard n’est pas un signe de faiblesse. Il souligne au contraire le potentiel de croissance qui reste à exploiter. L’État montre qu’il est possible d’augmenter les recettes sans recourir à de nouveaux impôts, en se concentrant sur une gestion plus intelligente et plus juste. Le gouvernement béninois trace ainsi une voie pour une croissance saine et une économie plus formelle, au bénéfice de tous.

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