ECONOMIE

Bénin : un exemple africain en matière de viabilité de la dette

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Bénin : un exemple africain en matière de viabilité de la dette

Au premier trimestre 2025, le Bénin affiche un recul notable de son taux d’endettement à 51,1 % du PIB, en dépit d’un accroissement de l’encours global de sa dette. Une performance saluée à l’international, portée par une gestion stratégique et rigoureuse de la dette publique.

Alors que le contexte économique mondial reste incertain, le Bénin parvient à tirer son épingle du jeu. En trois mois, le pays a réduit son taux d’endettement de 2,3 points de pourcentage, passant de 53,4 % fin 2024 à 51,1 % du PIB au 31 mars 2025, selon les données publiées par la Caisse autonome de gestion de la dette (Cagd).
D’après le Bulletin statistique de la dette publique, l’encours de la dette du Bénin s’établit désormais à 7 256,5 milliards de francs CFA. Malgré cette hausse, les indicateurs de viabilité restent stables, traduisant une stratégie de financement maîtrisée.

Durant ce premier trimestre, le pays a contracté de nouveaux prêts d’un montant total de 359,9 milliards de francs CFA. Ces financements proviennent notamment de la Deutsche Bank, de la Banque européenne d’investissement et du Fonds koweïtien pour le développement. Ils soutiennent des projets clés dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des infrastructures, en cohérence avec les priorités du Programme d’actions du gouvernement (PAG).

En parallèle, le Bénin a levé 500 millions de dollars via un eurobond à 16 ans, assorti d’un taux de 6,48 %, entièrement couvert contre le risque de change euro-dollar. Un autre prêt de 500 millions d’euros a été obtenu auprès de la Deutsche Bank. Sur le marché régional de l’UEMOA, 29 milliards de francs CFA ont été mobilisés via des émissions d’obligations et de bons du Trésor.

La structure de la dette reste fortement orientée vers des taux fixes (98,5 %), avec une maturité moyenne de 9,3 ans, limitant ainsi les risques liés aux taux d’intérêt ou au refinancement. Aucun arriéré n’a été enregistré, qu’il s’agisse des engagements directs ou des prêts rétrocédés aux entreprises publiques.

Le service de la dette au cours du trimestre s’est élevé à 351,7 milliards de francs CFA, répartis entre 226,6 milliards pour le remboursement du principal et 125,1 milliards pour les intérêts.

Cette gestion prudente est validée par les partenaires internationaux. La dernière évaluation conjointe du FMI et du ministère béninois des Finances (octobre 2024) juge la dette du pays viable avec des risques modérés. En février 2025, la Banque mondiale a également salué la transparence du Bénin en matière de dette publique, le plaçant au premier rang des 78 pays de l’IDA, aux côtés du Burkina Faso.

Les agences de notation confirment cette dynamique positive : Moody’s a maintenu la note B1 du Bénin, en relevant sa perspective de stable à positive, tandis que Fitch Ratings a confirmé la note B+ avec perspective stable, en soulignant la discipline budgétaire du pays et sa capacité à diversifier ses sources de financement.

Porté par une gouvernance budgétaire rigoureuse et des réformes continues, le Bénin s’impose comme un exemple de gestion soutenable de la dette en Afrique de l’Ouest. La consolidation des ressources internes et la vigilance dans la stratégie d’emprunt seront déterminantes pour maintenir cette trajectoire vertueuse.

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