ECONOMIE

Banque :  Après 17 ans de collaboration, le principal actionnaire envisage son départ d’Ecobank

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Banque :  Après 17 ans de collaboration, le principal actionnaire envisage son départ d’Ecobank

Depuis 2008, Nedbank Group Limited détient une participation de 21,22 % dans Ecobank Transnational Inc. (ETI), le plus haut pourcentage détenu par un seul investisseur. Le 24 juin 2025, Nedbank annonce l’examen de la revente de cette participation. Ce retrait potentiel marque la fin d’un partenariat stratégique de 17 ans.

Nedbank, dirigé depuis janvier 2024 par Jason Quinn, se réoriente vers son marché domestique en Afrique du Sud. Ce recentrage s’explique par des contraintes réglementaires, une exposition aux risques de change et un besoin de consolidation.

De son côté, Ecobank affiche des performances financières en amélioration avec un bénéfice avant impôts de 581 millions de dollars en 2023, puis 658 millions en 2024. Toutefois, des voix s’élèvent sur la gouvernance du groupe, jugée insuffisamment transparente. L’absence de dividendes en 2024 renforce cette perception.

La sortie d’un acteur aussi important que Nedbank risque de fragiliser la gouvernance d’un groupe déjà caractérisé par une forte dispersion du capital.

Ce départ pourrait également ouvrir la voie à de nouveaux investisseurs, qu’ils soient africains ou internationaux.
Mais il envoie aussi un signal négatif aux marchés. Le désengagement d’un actionnaire historique peut être interprété comme un manque de confiance dans la vision stratégique actuelle.

Conséquences macroéconomiques

Ecobank joue un rôle majeur dans l’inclusion financière dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Un changement d’actionnariat à ce niveau pourrait ralentir ou réorienter certains projets, en particulier ceux tournés vers les zones peu bancarisées.

Sur les marchés financiers, l’impact d’une telle opération pourrait être significatif. Les actions d’Ecobank sont cotées à la BRVM, à Lagos et à Accra. Une vente massive de titres entraînerait inévitablement une volatilité accrue.

Le retrait envisagé de Nedbank marque une rupture majeure dans l’histoire d’Ecobank. Il souligne les défis internes auxquels le groupe fait face, malgré des résultats financiers encourageants.

La gestion de cette transition sera décisive. Elle déterminera si Ecobank parvient à maintenir son cap panafricain ou si elle s’oriente vers un nouveau modèle de gouvernance et de développement.

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