ECONOMIE

Arriérés de contributions : la Commission de la CEMAC réclame plus de 263 milliards FCFA à ses États

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Arriérés de contributions : la Commission de la CEMAC réclame plus de 263 milliards FCFA à ses États

La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a officiellement réclamé environ 263,5 milliards FCFA à ses États membres, un montant correspondant aux arriérés cumulés de contributions communautaires, principalement liées à la Taxe communautaire d’intégration (TCI).

Selon les données financières consolidées, la dette totale des six pays membres atteignait 263,38 milliards FCFA au 31 décembre 2025. Cette situation traduit une faiblesse persistante dans le recouvrement des contributions, mettant sous pression le fonctionnement des institutions régionales et la mise en œuvre des projets d’intégration.

Une taxe essentielle au financement de l’intégration régionale

La TCI constitue la principale ressource financière de la Commission. Elle correspond à un prélèvement de 1 % sur les importations provenant de pays hors zone CEMAC et représente plus de 60 % des ressources de l’institution.

En théorie, cette taxe est collectée par les administrations douanières nationales puis reversée à la Commission. En pratique, les versements restent irréguliers, certains États conservant temporairement ces ressources dans leurs trésors publics, ce qui fragilise la trésorerie communautaire.

Pour l’année 2025, la situation illustre ces difficultés : sur 51,9 milliards FCFA attendus, seulement 31,09 milliards FCFA ont été effectivement recouvrés, soit environ 60 % du montant prévu.

Des écarts importants entre États membres

L’analyse des arriérés met en évidence des situations contrastées entre les pays de la zone. Les montants estimatifs fin 2025 se répartissaient notamment entre :

  • République centrafricaine : environ 61,8 milliards FCFA
  • Cameroun : près de 60 milliards FCFA
  • Congo : environ 52,2 milliards FCFA
  • Tchad : près de 49,1 milliards FCFA
  • Guinée équatoriale : environ 34,1 milliards FCFA
  • Gabon : un peu plus de 6 milliards FCFA

Ces écarts traduisent des niveaux différents de mobilisation des recettes communautaires, même si la problématique des retards de paiement reste globale dans la sous-région.

Un risque pour les ambitions d’intégration économique

Le rapport d’activité de l’UEAC souligne que ces arriérés exercent une pression directe sur le fonctionnement des institutions communautaires et sur la réalisation des projets régionaux.

Pour la Commission, le potentiel réel de la TCI est pourtant bien supérieur aux montants actuellement reversés. Il est estimé à environ 118,6 milliards FCFA par an, soit près du double des niveaux observés ces dernières années.

Au-delà de la question financière, la régularité des contributions constitue un indicateur clé de l’engagement des États dans le processus d’intégration régionale. Dans un contexte de contraintes budgétaires nationales et de volatilité des revenus pétroliers pour plusieurs pays de la zone, la mobilisation effective de la TCI reste un défi structurel pour la CEMAC.

Hervé Ganhouégnon

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