
Afrique du Sud : S&P pose ses conditions pour relever la note après 20 ans d’attente
L’Afrique du Sud se trouve à un moment charnière pour sa santé économique et sa réputation financière internationale. Le mercredi 4 juin, l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a clairement indiqué que le pays devra impérativement accélérer sa croissance économique et mettre en œuvre une consolidation budgétaire crédible pour espérer une première amélioration de sa note de crédit en près de vingt ans. Cette mise en garde intervient alors que S&P avait déjà attribué des perspectives positives au pays en novembre 2024, signalant un potentiel de redressement sous conditions strictes.
Lors de sa dernière évaluation le mois dernier, S&P a confirmé la note de crédit en devises étrangères de l’Afrique du Sud à ‘BB-/B’. Ce niveau est classé en catégorie spéculative, indiquant un risque d’investissement plus élevé. Cependant, le maintien de la perspective positive suggère que l’agence voit des raisons d’être optimiste si les conditions requises sont remplies.
Selon Ravi Bhatia, directeur et analyste principal chez S&P, une perspective positive sur une note inférieure à la catégorie d’investissement se traduit généralement par une décision — qu’il s’agisse d’une hausse ou d’un maintien — dans un délai d’un an. Les yeux sont donc rivés sur les douze prochains mois pour évaluer la capacité du gouvernement sud-africain à transformer ces signaux positifs en une amélioration concrète de sa notation.
Trois conditions clés pour le redressement
Pour que l’Afrique du Sud puisse prétendre à un meilleur classement, S&P a identifié trois conditions majeures et non négociables. Premièrement, le pays doit afficher une croissance économique plus vigoureuse, stimulant ainsi ses revenus et allégeant le fardeau de sa dette. Deuxièmement, une consolidation budgétaire crédible est essentielle, impliquant une gestion rigoureuse des finances publiques avec des mesures claires et efficaces pour maîtriser les dépenses et augmenter les recettes.
Enfin, l’absence de nouveaux plans de sauvetage pour les entreprises publiques est impérative, car les renflouements passés d’entreprises d’État en difficulté ont lourdement pesé sur les finances publiques, et S&P attend une cessation de ces pratiques coûteuses. Ravi Bhatia a d’ailleurs précisé : « Si la dynamique actuelle se poursuit, à savoir une croissance légèrement plus soutenue, une discipline budgétaire maintenue et aucun nouveau renflouement, alors une révision à la hausse pourrait s’imposer. » Cette déclaration offre une feuille de route claire aux autorités sud-africaines.
L’analyste de S&P a également formulé un avertissement : un ralentissement de la croissance ou une détérioration des finances publiques ramèneraient la perspective à la stabilité. Cela écarterait alors toute amélioration de la note à court terme, prolongeant la période d’incertitude pour les investisseurs et potentiellement augmentant le coût de l’emprunt pour le pays.






