Economic Post

Afreximbank : La 32e Assemblée générale à Abuja, entre bilan d’une résilience ancrée et cap sur un avenir incertain

637vues

Afreximbank : La 32e Assemblée générale à Abuja, entre bilan d’une résilience ancrée et cap sur un avenir incertain

Ce mercredi 25 juin 2025, la capitale nigériane est le théâtre d’un événement majeur pour le financement du développement en Afrique : la 32ᵉ Assemblée générale de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Bien plus qu’une simple réunion annuelle, cette assemblée s’inscrit dans un contexte de transition au sommet de l’institution et de redéfinition des priorités face aux incertitudes mondiales.

L’enjeu principal de cette semaine à Abuja est double : dresser le bilan des acquis d’une vingtaine d’années de résilience et désigner le successeur du Nigérian Benedict Oramah, qui achève ses deux mandats de cinq ans à la tête de l’institution. La décision, attendue en fin de semaine, inaugurera une nouvelle ère pour Afreximbank.

Consolider les acquis et tracer une nouvelle voie

“Le paysage économique mondial évolue rapidement, et l’Afrique doit continuer à tracer sa propre voie, fondée sur la confiance en soi, l’intégration plutôt que l’isolement, la production plutôt que la dépendance, et la collaboration plutôt que la fragmentation”, a souligné Ato Baah Forson, ministre ghanéen des Finances et président de cette assemblée générale annuelle. Son discours d’ouverture a mis l’accent sur la nécessité de “ne pas nous contenter de réfléchir à ce qui a été accompli, mais surtout, d’imaginer l’avenir.”

En effet, le futur dirigeant d’Afreximbank aura la lourde tâche de consolider les réussites passées, notamment en matière de promotion du commerce intra-africain et de soutien à l’industrialisation. L’institution, malgré un environnement fragilisé par les crises sanitaires, financières et sécuritaires, a démontré une résilience notable au cours des deux dernières décennies. Le défi majeur sera désormais de structurer le financement d’un commerce africain plus ambitieux, en ligne avec la vision d’un marché unique continental.

Une transition multidimensionnelle face aux incertitudes

Le ministre ghanéen a insisté sur le caractère multidimensionnel de cette transition. Sur le plan économique, il s’agira de renforcer le commerce intra-africain, de stimuler la production locale et de favoriser une intégration régionale plus poussée. Sur le plan institutionnel, les banques de développement, dont Afreximbank, sont appelées à évoluer d’un rôle de simples bailleurs de fonds à celui de véritables partenaires de transformation.

“Cette transition reflète également une évolution de la pensée stratégique, avec une attention portée au long terme, à l’inclusivité et à la durabilité, tout en exprimant une volonté politique affirmée d’agir dès maintenant, de manière collective et cohérente, pour construire l’Afrique de demain”, a précisé Ato Forson.

Restaurer la crédibilité et naviguer les défis financiers

À plus court terme, Afreximbank est confrontée au défi de restaurer sa crédibilité auprès des investisseurs en capitaux. Une récente divergence d’interprétation sur le niveau de créances jugées à risque a conduit l’agence Fitch Ratings à abaisser la note de l’institution le 4 juin dernier, avec une perspective négative. Alors qu’Afreximbank estime les créances douteuses à 2,33 % de son portefeuille, Fitch les évalue à 7,4 %. Ce différentiel, bien que perçu comme un risque potentiel plutôt que réel, pourrait influencer les conditions des futures levées de fonds.

Malgré cela, les marchés semblent actuellement plus sensibles aux rendements élevés offerts par les obligations d’Afreximbank qu’aux risques associés à certains pays de son portefeuille de crédit, tels que le Ghana, la Zambie et le Soudan du Sud.

La procédure de nomination du nouveau président, qui s’apparente davantage à celle d’un directeur général d’entreprise qu’à une campagne électorale, sera déterminante pour l’avenir de l’institution. Quel que soit le profil retenu, le défi sera de taille : consolider les acquis, naviguer dans un environnement économique incertain et propulser le commerce africain vers de nouveaux horizons de croissance et d’intégration.

Laisser une reponse