
Accord historique de l’OMC sur la pêche : Un espoir pour l’Afrique face à la surpêche
Un accord historique de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche est entré en vigueur, marquant une étape importante dans la lutte contre la surpêche et la pêche illégale. Après avoir franchi le seuil de ratification grâce au Brésil, au Kenya, au Vietnam et à Tonga, cet accord vise à mettre fin aux 22 milliards de dollars de subventions nocives qui épuisent les ressources marines mondiales. L’Afrique, dont les eaux sont particulièrement touchées par les flottes étrangères subventionnées, pourrait être l’une des principales bénéficiaires de cette réforme.
Adopté en 2022, cet accord interdit les subventions qui favorisent la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), la capture de stocks surexploités, et les activités de pêche dans les zones de haute mer non réglementées. Son objectif est de préserver les stocks mondiaux de poissons et de protéger les moyens de subsistance de millions de personnes qui dépendent de la pêche.
La directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a salué cet accord comme un signal fort de la capacité des membres de l’OMC à coopérer pour résoudre des défis mondiaux.
Un impact majeur pour l’Afrique
Pour l’Afrique, où la pêche est vitale pour la sécurité alimentaire et l’emploi, l’entrée en vigueur de l’accord est une avancée majeure. Le continent perd au moins 11,2 milliards de dollars par an en raison de la pêche illégale, souvent pratiquée par des navires étrangers lourdement subventionnés. Ces flottes entrent en concurrence directe avec les pêcheurs artisanaux locaux qui, eux, reçoivent peu de soutien.
L’accord devrait aider à réduire cette pression en empêchant les gouvernements de financer les navires impliqués dans de telles pratiques. Cependant, le continent est également confronté à des défis. Seuls 23 pays africains ont ratifié l’accord, et les nouveaux défis en matière de collecte de données et de transparence pourraient être difficiles à relever pour les nations disposant de moyens limités.
Pour aider les pays en développement à s’adapter, un fonds doté de plus de 18 millions de dollars a été mis en place. Cela devrait permettre de faciliter la transition vers des pratiques de pêche plus durables. Une deuxième phase de négociations est déjà prévue pour s’attaquer aux subventions qui contribuent à l’augmentation de la capacité de pêche, marquant une volonté d’aller encore plus loin dans la protection des ressources marines.






