Blanchiment de capitaux : les actifs virtuels parmi les secteurs les plus risqués au Bénin

Blanchiment de capitaux : les actifs virtuels parmi les secteurs les plus risqués au Bénin
Au Bénin, les actifs virtuels et les prestataires qui proposent des services liés à ces actifs présentent un risque résiduel « très élevé » de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. C’est l’un des constats de la mise à jour de l’Évaluation nationale des risques (ENR), adoptée en février 2026 et présentée aux acteurs concernés le 10 septembre à Cotonou.
Selon les résultats rapportés par La Marina BJ, les actifs virtuels arrivent en tête des secteurs évalués. Les fintechs sont classées à un niveau de risque « élevé », tandis que les banques, les systèmes financiers décentralisés et les établissements de monnaie électronique présentent un risque résiduel « moyen ».
Un encadrement réglementaire à renforcer
Pour les actifs virtuels, l’évaluation relève des vulnérabilités importantes et des mesures d’atténuation jugées insuffisantes. Le rapport souligne notamment les lacunes du cadre spécifique applicable aux prestataires de services sur actifs virtuels, en particulier en matière d’agrément, d’enregistrement, de supervision et de sanctions.
Ces insuffisances compliquent le contrôle des activités et le suivi des transactions, notamment lorsque les opérations dépassent les frontières nationales. Le rapport recommande de compléter le dispositif réglementaire et de renforcer les capacités de supervision.
Les fintechs présentent, elles aussi, des vulnérabilités liées à la diversité des modèles technologiques, à la fragmentation des solutions de paiement et à une supervision jugée insuffisante au regard des risques identifiés.
Des risques qui évoluent
La mise à jour de l’évaluation nationale montre que le profil des risques financiers du Bénin a évolué depuis 2018. Le risque résiduel de blanchiment de capitaux est passé d’un niveau élevé à un niveau moyen. En revanche, le risque lié au financement du terrorisme est passé de faible à moyen. Le financement de la prolifération des armes de destruction massive a également été évalué pour la première fois et classé à un niveau moyen.
Les autorités devront désormais traduire ces constats en mesures concrètes, dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération pour la période 2026-2030.
Cette démarche intervient avant la prochaine évaluation mutuelle du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), prévue en 2028. L’enjeu sera notamment de démontrer l’efficacité des dispositifs de prévention, de détection et de répression des flux financiers illicites.







