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Sénégal : les investissements étrangers chutent de près de 90 %

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Sénégal : les investissements étrangers chutent de près de 90 %

Les investissements directs étrangers (IDE) reçus par le Sénégal ont fortement reculé en 2025. Selon les données du World Investment Report 2026 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les entrées d’IDE sont passées de 3,319 milliards de dollars en 2024 à seulement 337 millions de dollars en 2025.

La baisse atteint près de 90 % en un an. Elle marque une rupture après plusieurs années au cours desquelles le Sénégal avait enregistré des flux d’investissements étrangers particulièrement élevés.

Les chiffres montrent l’ampleur du changement. Le pays avait attiré 1,846 milliard de dollars d’IDE en 2020, 2,588 milliards en 2021, 2,929 milliards en 2022 et 4,790 milliards en 2023. En 2024, les entrées s’étaient encore établies à 3,319 milliards de dollars.

Cette progression des années précédentes était notamment liée aux investissements réalisés dans les grands projets pétroliers et gaziers, dont Sangomar et Greater Tortue Ahmeyim (GTA). Ces projets ont nécessité d’importants financements pour les travaux de construction, les équipements et les infrastructures.

Le recul enregistré en 2025 intervient justement au moment où ces grands projets entrent dans leur phase de production. Une partie importante des dépenses liées à leur développement ayant déjà été engagée, les besoins en nouveaux capitaux étrangers diminuent mécaniquement.

Le niveau des IDE ne dépend toutefois pas uniquement du pétrole et du gaz.

Le Sénégal doit désormais attirer des investissements dans d’autres secteurs capables de produire de l’activité sur une période plus longue. L’industrie, l’agro-industrie, le numérique, les énergies renouvelables, la logistique, le tourisme et les infrastructures figurent parmi les domaines susceptibles d’élargir la base des investissements étrangers.

La chute des IDE intervient par ailleurs dans une période délicate pour les finances publiques sénégalaises. Le pays fait face à une forte pression sur sa dette et cherche à restaurer la confiance des partenaires financiers et des investisseurs.

Selon l’analyse publiée par Financial Afrik, la découverte d’importants engagements de dette publique non déclarés sur la période 2019-2024 a contribué à détériorer la perception du risque du Sénégal et à la suspension du programme avec le FMI. La publication précise toutefois que les données de la CNUCED ne permettent pas d’établir directement un lien de causalité entre cette situation et la baisse des IDE.

Le recul de 2025 pose donc une question plus large : quelle forme prendra l’investissement étranger au Sénégal après le cycle des grands projets pétroliers et gaziers ?

Le pays dispose encore de plusieurs atouts pour attirer des capitaux : son marché, sa position géographique, ses infrastructures en développement et son potentiel dans l’agriculture, l’industrie et les services.

L’enjeu sera désormais de transformer ces atouts en investissements plus diversifiés.

La baisse des IDE en 2025 ne signifie donc pas que les investisseurs étrangers se détournent définitivement du Sénégal. Elle montre surtout la fin d’une période exceptionnelle, portée par les investissements extractifs, et l’ouverture d’une nouvelle étape : celle de la diversification des capitaux et des secteurs financés.

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