
Nigeria : la Banque centrale maintient son taux directeur à 26,5 %
La Banque centrale du Nigeria (CBN) a décidé de maintenir son principal taux directeur (Monetary Policy Rate – MPR) à 26,50 %, à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (MPC) tenue les 20 et 21 juillet à Abuja. Cette décision marque le deuxième statu quo consécutif, alors que l’institution privilégie la prudence face aux incertitudes de l’environnement économique mondial.
Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, a expliqué que si l’inflation poursuit son ralentissement, les risques restent suffisamment élevés pour justifier le maintien d’une politique monétaire restrictive. Les tensions géopolitiques récentes, notamment au Moyen-Orient, pourraient avoir des répercussions sur les prix de l’énergie, les échanges commerciaux et les marchés financiers internationaux, avec des effets potentiels sur l’économie nigériane.
Selon les dernières données, l’inflation annuelle du Nigeria est revenue à 15,91 % en juin 2026, poursuivant une tendance baissière observée depuis plusieurs mois. Malgré cette amélioration, la banque centrale estime qu’un assouplissement prématuré de sa politique pourrait compromettre les progrès réalisés dans la maîtrise de la hausse des prix.
Outre le maintien du taux directeur, le Comité a également conservé les autres instruments de politique monétaire, notamment le coefficient de réserves obligatoires des banques commerciales fixé à 45 %, celui des banques d’affaires à 16 %, ainsi que le ratio de liquidité à 30 %. Ces mesures visent à limiter les pressions inflationnistes tout en préservant la stabilité du système financier.
Les marchés anticipaient largement cette décision. Plusieurs économistes estimaient que la stabilité récente du naira, le niveau des réserves de change et le recul de l’inflation offraient à la banque centrale la possibilité de maintenir son cap, en attendant des signes plus durables d’amélioration de la conjoncture. Pour l’heure, la CBN confirme ainsi sa volonté de privilégier la stabilité des prix avant d’envisager un éventuel cycle de baisse des taux.
Hervé Ganhouégnon






