
Ports africains : qui sont les gagnants et les perdants du classement mondial ?
Les ports africains poursuivent leurs investissements dans les infrastructures, mais leur compétitivité dépend de plus en plus de leur efficacité opérationnelle. C’est l’un des enseignements du dernier classement mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI), élaboré par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence.
L’étude évalue les performances des plateformes portuaires à partir de plusieurs critères, notamment le temps d’escale des navires, la rapidité des opérations de chargement et de déchargement ainsi que la fluidité du traitement des conteneurs.
À l’échelle du continent, le port marocain de Tanger Med figure une nouvelle fois parmi les ports les mieux classés. Sa position s’explique par sa capacité à traiter un volume important de marchandises tout en maintenant des délais d’opération réduits. Le complexe portuaire s’est imposé au fil des années comme un point de passage majeur pour les échanges entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie.
En Afrique de l’Ouest, plusieurs ports cherchent également à améliorer leurs performances afin d’attirer davantage de trafic maritime. Les plateformes de Lomé, Abidjan, Tema et Cotonou multiplient les investissements dans les terminaux, les équipements de manutention et les systèmes numériques destinés à accélérer les opérations.
Le classement rappelle toutefois que les infrastructures portuaires ne constituent qu’une partie de la chaîne logistique. La qualité des connexions routières et ferroviaires vers les pays de l’hinterland, la fluidité des procédures administratives et les délais de passage des marchandises jouent également un rôle déterminant dans l’attractivité des ports.
Dans un contexte où les armateurs et les opérateurs logistiques accordent une attention croissante aux coûts et aux délais, les performances opérationnelles deviennent un critère de choix pour l’orientation des flux commerciaux. Pour les ports africains, l’enjeu consiste désormais à accompagner les investissements physiques par une amélioration continue des services et des procédures afin de répondre aux exigences du commerce international.
Hervé Ganhouégnon






