Fonds Communs de Titrisation de Créances : le nouveau levier du marché financier de l’UEMOA

Fonds Communs de Titrisation de Créances : le nouveau levier du marché financier de l’UEMOA
La BRVM connaît une nouvelle dynamique avec des Fonds Communs de Titrisation de Créances (FCTC), avec plusieurs introductions majeures en 2025-2026 : SENELEC, Électricité Pour Tous, Croissance Agricole ou encore KEUR SAMBA pour les PME. Ces opérations ont fortement accru la capitalisation obligataire du marché et traduisent une transformation structurelle du financement dans l’UEMOA.
Les FCTC répondent à trois besoins majeurs. D’abord, ils permettent aux banques et entreprises publiques de transformer des créances existantes en liquidités sans alourdir leur dette classique. Ensuite, ils offrent aux investisseurs institutionnels des placements attractifs, combinant rendement élevé et bonne qualité de signature. Enfin, ils s’appuient sur un cadre réglementaire progressivement renforcé par l’AMF-UMOA depuis plus de dix ans.
La nouveauté réside surtout dans la diversification des secteurs financés : agriculture, énergie, PME, infrastructures ou banque. L’exemple du FCTC Croissance Agricole illustre cette évolution en permettant de financer indirectement l’agriculture à travers des créances déjà constituées, réduisant ainsi le risque pour les investisseurs.
Cependant, le principal défi demeure le marché secondaire. Même cotés à la BRVM, les FCTC restent peu échangés, car les banques et assurances conservent généralement ces titres jusqu’à maturité. La liquidité reste donc limitée malgré l’augmentation du nombre d’instruments disponibles.
En réalité, la vague actuelle renforce surtout le marché primaire en multipliant les sources de financement. Le véritable développement du marché secondaire dépendra à terme de la montée des OPCVM obligataires et de l’arrivée d’acteurs capables d’animer les échanges.
Hervé Ganhouégnon






