
Attractivité renforcée du Bénin : vers une nouvelle ambition industrielle
Le Bénin ne cache plus ses intentions. Après plusieurs années marquées par des réformes économiques et une amélioration du climat des affaires, le pays affiche désormais une ambition industrielle plus assumée.
Au cœur de cette orientation, la volonté de transformer localement les matières premières. Le coton, longtemps exporté à l’état brut, fait l’objet d’investissements dans la transformation textile. La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) incarne cette dynamique. Implantée dans la commune d’Abomey-Calavi, elle accueille des unités de production dédiées au textile, à l’anacarde ou encore au soja.
Ce choix marque une rupture avec un modèle centré sur l’exportation de produits non transformés. L’objectif est double : créer de la valeur sur place et générer des emplois. Plusieurs milliers de postes ont déjà été annoncés dans les unités en activité ou en cours d’installation.
L’État mise aussi sur des infrastructures pour soutenir cet élan. La modernisation du port de Cotonou, la réhabilitation des corridors routiers et les investissements dans l’énergie visent à réduire les coûts logistiques, souvent cités comme un frein à l’industrialisation.
Sur le plan réglementaire, des mesures ont été prises pour attirer les investisseurs. Simplification des procédures, incitations fiscales ciblées, cadres de partenariat avec le secteur privé : autant de leviers mobilisés pour rassurer les opérateurs économiques.
Cette stratégie s’inscrit dans le Programme d’actions du gouvernement. Elle cherche à repositionner le Bénin dans les chaînes de valeur régionales, voire au-delà. Le pays mise sur sa stabilité et sa situation géographique pour capter une partie des investissements industriels en Afrique de l’Ouest.
Des défis subsistent. L’accès à une énergie fiable et à coût maîtrisé reste un enjeu. La formation de la main-d’œuvre doit suivre le rythme des investissements. La concurrence d’autres pays de la sous-région est bien réelle.
Malgré ces contraintes, le cap est posé. Le Bénin ne se contente plus d’exporter. Il cherche à produire, transformer et capter davantage de valeur. Une évolution qui pourrait, à terme, redessiner le profil économique du pays.
Hervé Ganhouégnon






