
La Chine annonce la suppression de droits de douane pour les exportations africaines
Dans un contexte mondial marqué par les tensions commerciales, notamment entre la Chine et les États-Unis, Pékin a décidé d’adopter une stratégie offensive envers l’Afrique en annonçant la suppression des droits de douane sur la quasi-totalité des importations africaines. Cette décision, présentée comme un levier de coopération économique Sud-Sud, pourrait redessiner les équilibres commerciaux sur le continent.
Selon plusieurs annonces officielles confirmées en février 2026, la Chine mettra en œuvre à partir du 1er mai 2026 un régime de tarif zéro sur les produits en provenance de 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Cette mesure élargit un dispositif déjà appliqué auparavant à un nombre plus limité de pays, et vise à faciliter l’accès des exportations africaines au marché chinois.
Cette initiative intervient dans un climat international marqué par la montée du protectionnisme commercial et la multiplication des droits de douane, notamment à l’initiative de Washington. Pour Pékin, l’objectif est double : consolider son rôle de premier partenaire commercial de l’Afrique et sécuriser ses approvisionnements en matières premières stratégiques, tout en améliorant son image auprès des économies émergentes.
Les autorités chinoises défendent cette mesure comme un instrument de développement. L’argument est simple : sans barrières douanières, les produits africains deviennent plus compétitifs sur le marché chinois, ce qui peut stimuler la production locale et les exportations. Des institutions internationales ont d’ailleurs salué cette orientation, estimant qu’une réduction des barrières commerciales peut soutenir la croissance africaine dans un contexte économique mondial incertain.
Toutefois, les retombées économiques pourraient rester limitées si la structure des exportations africaines ne change pas. Aujourd’hui, les ventes vers la Chine restent dominées par les matières premières, avec une faible transformation industrielle locale. Sans montée en gamme industrielle et sans diversification des exportations, le gain pour les économies africaines pourrait rester modeste malgré l’accès facilité au marché chinois.
Au-delà de l’économie, cette décision illustre aussi la rivalité stratégique entre grandes puissances pour l’influence en Afrique. Là où les États-Unis privilégient parfois des instruments commerciaux conditionnels, la Chine mise sur l’ouverture du marché et les investissements pour renforcer ses partenariats. Cette approche pourrait accentuer la recomposition des alliances économiques du continent dans les années à venir.
Hervé Ganhouégnon







