
Marchés financiers : le FAD prépare une première levée d’un milliard de dollars
Le Fonds africain de développement (FAD), la branche concessionnelle du Groupe de la Banque africaine de développement, s’apprête à lever pour la première fois environ 1 milliard de dollars sur les marchés financiers internationaux, marquant une étape inédite dans son modèle de financement.
Traditionnellement financé par les contributions des États donateurs, le FAD cherche à diversifier ses sources de ressources face à un contexte de raréfaction de l’aide internationale et à la montée des besoins de financement des pays africains à faible revenu. La prochaine émission obligataire, prévue d’ici deux ans, serait la première de ce type pour cet instrument multilatéral conçu pour soutenir le développement sur le continent.
Cette décision intervient après la 17ᵉ reconstitution des ressources du FAD, organisée en décembre à Londres, qui a permis de mobiliser environ 11 milliards de dollars, un résultat important mais en deçà de l’objectif initial de 25 milliards. L’absence de contribution des États-Unis, l’un des bailleurs historiques, a accru la pression pour trouver des financements alternatifs.
Dans ce cadre, le FAD a lancé un processus d’obtention d’une notation de crédit, préalable indispensable pour accéder aux marchés financiers et émettre des obligations. Une fois cette étape franchie, les fonds levés serviront à maintenir le volume de prêts concessionnels destinés aux 37 pays éligibles, en particulier pour des projets dans les domaines des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie et de la résilience climatique.
Ce passage aux marchés financiers rapprocherait le fonctionnement du FAD de celui d’autres institutions multilatérales de développement, comme l’Association internationale du développement (IDA) de la Banque mondiale, qui mobilisent des financements par émissions obligataires pour augmenter leur capacité d’intervention.
Le FAD a été créé en 1972 pour soutenir les pays africains les plus pauvres à travers des prêts à très faibles taux et des conditions très concessionnelles. Depuis sa création, il a mobilisé environ 45 milliards de dollars en faveur de projets d’irrigation, de routes, d’accès à l’énergie et de développement rural.






