
Cacao : l’État ivoirien rachète 123 000 tonnes pour désengorger le marché
La filière cacao ivoirienne traverse une phase délicate marquée par une accumulation inhabituelle de stocks dans plusieurs zones de production. Face aux difficultés d’écoulement rencontrées par les producteurs, l’État ivoirien a décidé d’intervenir directement sur le marché en procédant au rachat de 123 000 tonnes de fèves de cacao.
Cette mesure vise avant tout à désengorger les circuits de commercialisation et à éviter que les stocks ne pèsent davantage sur les revenus des planteurs. En effet, malgré un prix bord champ fixé à un niveau élevé pour la campagne en cours, la baisse récente des cours internationaux et le ralentissement des achats ont fragilisé l’équilibre du marché local.
En se positionnant comme acheteur de dernier ressort, l’État entend garantir l’écoulement de la production au prix officiel, tout en préservant la stabilité sociale dans les zones rurales fortement dépendantes du cacao. L’opération permettra également de limiter les risques de détérioration de la qualité des fèves, souvent liés à un stockage prolongé dans des conditions inadaptées.
Au-delà de l’urgence conjoncturelle, cette intervention traduit la volonté des autorités de renforcer la régulation de la filière, pilier de l’économie ivoirienne et principale source de revenus pour des centaines de milliers de ménages. Elle s’inscrit dans un contexte de recomposition du marché mondial du cacao, marqué par une plus grande volatilité des prix et une exigence accrue de durabilité.
Les autorités assurent que ce mécanisme accompagnera la campagne en cours afin de restaurer la fluidité du marché et de redonner de la visibilité aux producteurs. À moyen terme, cette situation relance toutefois le débat sur la nécessité de diversifier les débouchés, renforcer la transformation locale et améliorer la gestion des stocks, afin de réduire la vulnérabilité de la filière face aux retournements du marché international.
Hervé Ganhouégnon






