
Guinée : vers un système de paiement instantané et interopérable
La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a lancé, le 18 décembre 2025, un atelier de deux jours consacré à la mise en place d’un système national de paiement instantané (SPI) et interopérable. Porté par le premier vice-gouverneur, El Hadj Mohamed Lamine Conte, ce projet vise à permettre des transferts immédiats entre comptes bancaires, portefeuilles mobiles et autres moyens de paiement, tout en facilitant les paiements marchands, en réduisant l’usage du cash et en renforçant l’inclusion financière, notamment en zones rurales.
Pour l’État, le SPI devrait accélérer les paiements publics (salaires, aides sociales, fournisseurs) et réduire les coûts administratifs. Pour les entreprises, il promet une meilleure gestion de trésorerie grâce à des encaissements en temps réel.
Sur le plan technologique, la Guinée a opté pour l’infrastructure Mojaloop, une plateforme publique favorisant l’interopérabilité, la souveraineté technologique, la concurrence et l’innovation, notamment au profit des fintechs locales. Le système est conçu pour s’intégrer à terme aux initiatives régionales, dont le PAPSS et les projets de la CEDEAO.
Conakry s’inspire des expériences du Ghana, du Nigeria, du Rwanda et des avancées de l’UEMOA, où la BCEAO a lancé en 2025 une plateforme régionale de paiement instantané. Dans l’Union, les paiements électroniques sont passés de 260 millions en 2014 à plus de 11 milliards en 2024, avec un taux d’inclusion financière de 74 %. À l’échelle africaine, 31 SPI sont déjà opérationnels. La Guinée entend ainsi s’inscrire dans cette dynamique et moderniser durablement son système financier.
Hervé Ganhouégnon






