ECONOMIE

UEMOA : la croissance en plein essor face au risque de surchauffe économique

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UEMOA : la croissance en plein essor face au risque de surchauffe économique

Alors que les économies ouest-africaines affichent des performances impressionnantes depuis deux ans, les signaux d’un possible risque de surchauffe commencent à apparaître dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Portée par la reprise post-Covid, les grands chantiers d’infrastructures et la dynamique du crédit bancaire, la croissance reste robuste, mais les tensions inflationnistes et budgétaires inquiètent les observateurs.

Selon les dernières données publiées par la BCEAO, la région a enregistré un taux de croissance moyen supérieur à 5 % en 2024, tiré par la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso. Les investissements publics massifs et la consommation intérieure soutenue par le mobile money ont contribué à cette embellie. Toutefois, la demande croissante, conjuguée à des contraintes d’offre persistantes, exerce une pression sur les prix et les taux d’intérêt.

« Nous observons une montée progressive du coût du crédit et des tensions sur la liquidité bancaire », avertit un économiste basé à Dakar. « Si la tendance se poursuit, le risque de surchauffe ne peut être exclu, surtout dans les pays à forte dépense publique. »

La BCEAO, soucieuse d’éviter un emballement de l’économie, a déjà relevé son principal taux directeur à plusieurs reprises entre 2024 et 2025. L’institution cherche ainsi à contenir l’inflation, qui reste supérieure à la cible communautaire de 3 %, tout en préservant la dynamique de croissance.

Mais l’équilibre est fragile : un resserrement monétaire trop brutal pourrait freiner l’investissement privé, déjà affecté par la hausse des coûts d’emprunt. En revanche, un maintien prolongé des politiques expansives risquerait d’alimenter davantage les tensions sur les prix, les salaires et les marchés immobiliers.

Au-delà de la conjoncture, le défi structurel demeure : renforcer la productivité et diversifier les économies de la zone. Car si la croissance est solide, elle reste encore trop dépendante des dépenses publiques et des exportations de matières premières.

En définitive, l’UEMOA se trouve à un tournant : maintenir sa trajectoire de croissance sans tomber dans la surchauffe exigera une coordination fine entre politiques budgétaire et monétaire, ainsi qu’un meilleur pilotage des réformes structurelles engagées.

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