
Le Ghana mise sur la relance du crédit bancaire pour accélérer la reprise économique
La Banque du Ghana, dans une démarche stratégique pour soutenir la reprise économique, a exhorté les banques du pays à augmenter l’octroi de crédits au secteur privé. Cet appel a été lancé par le gouverneur de la Banque centrale, Asiama, lors d’une rencontre avec les dirigeants du secteur bancaire à Accra. Il a souligné que l’objectif de la politique monétaire a désormais évolué pour se concentrer sur la stimulation de la croissance.
Cette nouvelle orientation intervient après une série de mesures d’assouplissement monétaire significatives. La Banque du Ghana a récemment abaissé son taux directeur de 300 points de base, le fixant à 25 %. Cette décision a été rendue possible grâce à une nette amélioration de la situation économique : l’inflation a chuté à 12,1 % en juillet, marquant son plus bas niveau en plus de trois ans, après avoir atteint 23,8 % en décembre dernier. Parallèlement, le cedi, la monnaie nationale, a connu une appréciation remarquable, gagnant environ 40 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année.
Malgré ces signes positifs, les données de la Banque centrale montrent un ralentissement du crédit au secteur privé. En juin, la progression nominale des prêts n’a été que de 8,6 %, contre 17,6 % l’année précédente. En termes réels, c’est même une baisse de 4,5 % qui a été enregistrée.
Face à cette situation, le gouverneur Asiama a insisté sur l’importance d’injecter davantage de fonds dans les secteurs productifs, notamment l’agriculture, l’industrie et les services à forte valeur ajoutée. L’objectif est de propulser la croissance au-delà des prévisions officielles du ministère des Finances, qui table sur 4 % en 2025 après 5,7 % en 2024.
Stabilité financière et prudence
Asiama a toutefois rappelé que cette relance du crédit doit se faire de manière prudente pour préserver la stabilité financière durement acquise. Cette stabilité est le fruit d’une politique de consolidation budgétaire rigoureuse menée par le gouvernement du président John Mahama.
Les efforts ont notamment permis de ramener le déficit budgétaire à 0,7 % du PIB au premier semestre et de réduire la dette publique de 63,3 % à 43,8 % du PIB sur un an. Bien que le taux de prêts non performants reste élevé à 23,1 %, il a tout de même connu une légère baisse par rapport à 2024.
La Banque du Ghana est donc confrontée au défi de trouver le juste équilibre entre la stimulation de l’économie et le maintien de la solidité financière du système bancaire.






