ECONOMIE

14,5 milliards de dollars : le potentiel caché de l’e-commerce africain grâce aux femmes

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14,5 milliards de dollars : le potentiel caché de l’e-commerce africain grâce aux femmes

Le commerce électronique en Afrique est en plein essor, mais il laisse un énorme potentiel inexploité en raison des obstacles auxquels sont confrontées les femmes entrepreneures. Selon un rapport de la Société financière internationale (SFI), combler l’écart entre les genres dans l’e-commerce africain pourrait générer 14,5 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2030.

Les femmes sont des actrices essentielles du commerce en ligne sur le continent. Sur des plateformes comme Jumia, elles représentent plus d’un tiers des entreprises en Côte d’Ivoire et plus de la moitié au Kenya et au Nigeria. Elles sont plus susceptibles d’utiliser l’e-commerce pour développer une entreprise déjà existante et s’adaptent en combinant les plateformes en ligne avec les réseaux sociaux comme WhatsApp et Facebook. Cependant, ces entreprises sont principalement des micro-entreprises, moins capitalisées et vulnérables aux chocs économiques. En 2020, lors de la pandémie de COVID-19, les entreprises gérées par des femmes ont vu leurs ventes chuter de 39 %, contre 28 % pour celles dirigées par des hommes.

Les obstacles à surmonter

Le rapport de la SFI met en évidence plusieurs défis qui freinent la pleine participation des femmes. Les femmes dépendent davantage de l’épargne personnelle et peinent à obtenir des prêts formels, ce qui entrave leur accès au financement. De plus, les inégalités numériques persistent, avec un accès à Internet plus faible pour les femmes (31 % contre 43 % pour les hommes en 2024) et une sous-représentation dans les filières scientifiques et technologiques.

Les défis logistiques et d’infrastructures sont également significatifs, le manque d’adresses postales standardisées et l’état des routes augmentant les coûts de livraison. Enfin, le cadre juridique est souvent insuffisant, seulement 6 % des pays africains disposant de lois adaptées à la protection des consommateurs en ligne, ce qui crée de l’incertitude.

Des recommandations pour l’avenir

Pour libérer ce potentiel, la SFI appelle les gouvernements et les investisseurs à prendre des mesures ciblées. Cela inclut le développement de produits financiers adaptés aux micro-entreprises féminines, la promotion de l’inclusion financière numérique, et des investissements dans les infrastructures logistiques et les programmes de formation aux sciences et technologies pour les femmes. En agissant sur ces leviers, l’Afrique pourrait non seulement favoriser l’équité, mais aussi stimuler considérablement sa croissance économique.

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