OPINION

L’Afrique embrasse la 5G : 46 opérateurs déjà en service dans 27 pays

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  L’Afrique embrasse la 5G : 46 opérateurs déjà en service dans 27 pays

Jadis perçue comme non pertinente, la technologie 5G connaît un déploiement accéléré sur le continent africain. Boosté par les efforts post-COVID-19 pour renforcer la connectivité, le continent voit la 5G s’implanter rapidement, avec 46 opérateurs télécoms ayant déjà lancé le service dans 27 pays, selon de récentes études.

Ce dynamisme est confirmé par l’Union africaine des télécommunications (UAT), qui recensait en 2024 79 opérateurs télécoms engagés dans des investissements 5G répartis dans 41 pays, dont 35 avaient déjà lancé des réseaux commerciaux dans 21 pays. C’est un bond significatif depuis juin 2021, où l’on ne comptait que sept réseaux 5G commerciaux sur cinq marchés, selon la GSMA. Il est à noter que Vodacom Lesotho a été le pionnier en lançant la 5G sur le continent dès 2018.

Une adoption croissante, notamment en milieu urbain

En 2024, la 5G représentait déjà 25% de la couverture du réseau mobile en zone urbaine, un chiffre notable face aux 73% de la 4G, selon l’Union internationale des télécommunications. L’adoption par les consommateurs suit également cette tendance, avec plus de 26 millions d’abonnés 5G en Afrique subsaharienne en 2024, sur environ 600 millions d’abonnés mobiles uniques. En incluant l’Afrique du Nord, avec des lancements en Tunisie et en Égypte, ces chiffres démontrent l’ampleur croissante de la 5G sur l’ensemble du continent.

Malgré cette progression encourageante, des défis majeurs freinent l’adoption généralisée de la 5G en Afrique. L’UAT identifie cinq domaines clés : les appareils mobiles, les services, l’infrastructure, le spectre et la politique/réglementation.

L’accessibilité des terminaux 5G reste une préoccupation majeure. Bien que des téléphones compatibles soient disponibles à partir de 150 USD, leur coût demeure prohibitif pour une large part de la population africaine. L’UAT suggère des interventions gouvernementales, réglementaires et des opérateurs pour rendre ces appareils plus abordables et ainsi favoriser une adoption massive.

Le faible développement des cas d’utilisation pratique de la 5G est un autre frein. Actuellement, la 5G est principalement utilisée pour améliorer le débit internet, et peu d’applications concrètes dans les domaines personnel et industriel (villes intelligentes, ports intelligents, apprentissage à distance immersif, etc.) sont développées. L’UAT craint que la 5G ne reste un produit de luxe si des usages innovants ne sont pas mis en œuvre.

Enfin, des obstacles liés à l’infrastructure et au spectre persistent. Le coût élevé du déploiement des réseaux 5G, la non-disponibilité du spectre de fréquences nécessaire, le manque de capacité et de disponibilité de la fibre optique, ainsi que l’absence d’incitations à la collaboration interindustrielle et de normes pour la gestion des échanges de données transfrontaliers sont autant de défis à surmonter.

Un potentiel économique considérable

Malgré ces défis, le potentiel de la 5G pour les économies africaines est immense. La GSMA estime que d’ici 2030, la 5G pourrait contribuer à hauteur de 10 milliards de dollars à l’économie régionale, ce qui représente 6% de l’impact économique total du secteur mobile. Avec de nouveaux lancements commerciaux attendus d’ici la fin de l’année dans des pays comme l’Algérie, la République démocratique du Congo, le Maroc, la Côte d’Ivoire et le Cap-Vert, l’Afrique est bien partie pour tirer parti des avantages de cette technologie transformative.

La réponse appropriée à ces défis permettra de faire de la 5G un véritable levier de croissance et d’inclusion numérique pour le continent africain.

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