
La Côte d’Ivoire inaugure un nouveau quai pétrolier de 36 milliards FCFA
Dans un mouvement stratégique marquant le début de ses 50 ans d’existence, PETROCI Holding a dévoilé un tout nouveau quai pétrolier à Abidjan. D’un coût de 36 milliards de francs CFA, cette infrastructure est conçue pour être une pierre angulaire du futur logistique de la Côte d’Ivoire, alors que le pays se prépare à une expansion significative de sa production d’hydrocarbures.
Une infrastructure de pointe pour soutenir une ambition grandissante
Le quai PETROCI, entièrement modernisé, est le résultat de trois années de travaux intensifs débutés en juin 2022. Situé sur l’ancien site du quai Socopao à Abidjan, il a été transformé pour accueillir des navires pétroliers de dernière génération (classe NR1, jusqu’à 40 000 tonnes de port en lourd) avec un tirant d’eau de 12 mètres. Désormais interconnecté au réseau de canalisation de l’appontement de Petroci, le quai est équipé pour faciliter les opérations d’import-export d’hydrocarbures, respectant les normes internationales les plus strictes en matière de sûreté, de sécurité incendie et de lutte anti-pollution.
Ce maillon stratégique est essentiel pour la réception, le stockage et la distribution des produits pétroliers dans le pays. Il vise à optimiser l’importation massive de produits raffinés, à améliorer la compétitivité des coûts d’approvisionnement et à accompagner la montée en puissance logistique du secteur énergétique ivoirien.
Le financement de ce projet a été assuré par un consortium comprenant la BOAD, la Banque Atlantique et la Bridge Bank. Il s’inscrit dans la première phase opérationnelle du Plan Directeur des Infrastructures Pétrolières et Gazières 2025-2050, un projet ambitieux du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, qui prévoit plus de 6 000 milliards FCFA d’investissements pour bâtir un réseau logistique national robuste et aligné sur les futures ambitions de production.
Un nouveau cap pour PETROCI et la Côte d’Ivoire
Lors de la cérémonie d’inauguration, Fatoumata Sanogo, directrice générale de PETROCI Holding, a déclaré : « Ce quai n’est pas une simple infrastructure, il est le signal d’un changement de cap pour PETROCI. » Elle a souligné l’ambition de la société de s’affirmer comme un acteur central du futur énergétique ivoirien, alors que le pays est en passe de devenir l’un des principaux producteurs de pétrole et de gaz du continent. Mme Sanogo a également mis en avant le rôle de la direction du président Alassane Ouattara et du leadership stratégique du ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly dans la concrétisation de cette ambition.
Elle a par ailleurs annoncé la finalisation prochaine de plusieurs infrastructures complémentaires par des opérateurs privés, notamment de nouvelles sphères de stockage, une nouvelle base logistique et une base opérationnelle, marquant ainsi « un nouveau chapitre, plus ambitieux » pour la Côte d’Ivoire.
Des perspectives de production massives
Le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly a précisé que la mise en service du quai intervient dans un contexte de forte croissance. « À l’horizon 2030, la Côte d’Ivoire produira 200 000 barils par jour de pétrole et 600 millions de pieds cubes de gaz. D’ici 2035, la barre des 500 000 barils jour sera atteinte, » a-t-il affirmé. Ces projections sont rendues possibles grâce aux découvertes majeures des champs Baleine et Calao, en partenariat avec la société italienne Eni.
Face à une consommation interne de produits raffinés qui croît de 5 % par an et des exportations croissantes vers les pays de l’hinterland, la modernisation logistique est cruciale. Elle permettra non seulement de fluidifier l’approvisionnement mais aussi de réduire l’empreinte carbone du secteur grâce à une meilleure répartition des infrastructures.
Le ministre a salué les efforts de PETROCI et réaffirmé le soutien de l’État à cette « fleuron national », tout en rendant hommage aux présidents Félix Houphouët-Boigny et Alassane Ouattara pour leur vision dans la structuration du secteur.
Ce projet est une pièce maîtresse d’un objectif plus vaste : faire des hydrocarbures et de l’énergie le deuxième pilier de la croissance ivoirienne, aux côtés de l’agriculture. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait repositionner durablement la Côte d’Ivoire parmi les puissances énergétiques africaines.







