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La BAD marque l’histoire avec sa première obligation mondiale en dollars sur 10 ans

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La BAD marque l’histoire avec sa première obligation mondiale en dollars sur 10 ans

La Banque africaine de développement (BAD) a frappé un grand coup sur les marchés financiers mondiaux en réussissant récemment une émission obligataire historique de 2 milliards de dollars américains. Cette opération, qui comprenait une première tranche de 10 ans en dollars américains, est un témoignage retentissant de la confiance des investisseurs internationaux envers l’institution panafricaine, et ce, malgré une période de transition à sa présidence.

L’élément le plus marquant de cette émission est sans doute le taux d’intérêt obtenu pour l’obligation à 10 ans en dollars américains : 4,5%. Ce chiffre est remarquablement proche du rendement des obligations du gouvernement fédéral américain sur une période similaire (4,35%), une prouesse d’autant plus significative que la BAD est exposée à des économies africaines. J.P. Morgan Securities, l’arrangeur principal de l’opération, a également souligné qu’aucune intervention de stabilisation sur le marché n’a été nécessaire, attestant d’une absorption fluide des obligations par les investisseurs. Cette absence de besoin de “période de stabilisation” est un indicateur fort de la demande et de la robustesse de l’émission.

Un vote de confiance en pleine transition

Cette réussite intervient à un moment clé pour la BAD, juste après la fin des deux mandats du président Akinwumi Adesina et en pleine transition vers la présidence du Dr. Sidi Ould Tah. Les assemblées annuelles de la BAD, tenues du 26 au 30 mai 2025, avaient vu le président Adesina mettre en avant la confiance des investisseurs internationaux comme l’une de ses réalisations majeures, au même titre que le maintien de la notation AAA de l’institution. Le succès de cette émission obligataire peut donc être perçu comme un véritable vote de confiance non seulement envers les fondations solides établies par la BAD, mais aussi envers le nouveau président élu, le Dr. Sidi Ould Tah, dont la réputation s’est forgée à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).

Une opération d’envergure initiée par un consortium de renom

L’émission, qui a permis de lever 1 milliard de dollars sur 10 ans et 1 milliard supplémentaire via un emprunt remboursable en trois ans, a mobilisé un consortium de cinq banques d’investissement de renommée internationale. J.P. Morgan Securities a assumé le rôle de coordinateur de la stabilisation et de « bookrunner » principal, en collaboration avec Bank of America Securities, BNP Paribas, Nomura International et Wells Fargo Securities. Cette synergie a permis une distribution efficace des obligations auprès d’investisseurs institutionnels et une gestion optimale des mécanismes de stabilisation.

De nouvelles perspectives de financement pour le développement africain

Cette première émission d’obligations à 10 ans en dollars américains ouvre de nouvelles perspectives de financement pour la BAD et illustre sa capacité d’innovation sur les marchés de capitaux internationaux. Le succès de cette opération à double tranche offre à l’institution un nouvel outil de financement qu’elle pourra réutiliser en fonction des conditions de marché et de ses besoins de trésorerie. Selon les données de l’Agence Ecofin, la BAD a déjà réalisé 17 émissions de titres d’emprunt depuis le début de l’année 2025, dans diverses devises, pour un montant total équivalent à 14,17 milliards de dollars. Ce nouveau succès confirme la position de la BAD comme un acteur majeur du financement du développement sur le continent africain, capable de mobiliser des capitaux à des conditions favorables sur la scène internationale.

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