SOCIETE

Le FMI salue l’ambition sénégalaise d’autosuffisance, mais maintient le cap sur la transparence budgétaire

736vues

Le FMI salue l’ambition sénégalaise d’autosuffisance, mais maintient le cap sur la transparence budgétaire

Le Fonds Monétaire International (FMI) a exprimé son soutien à la nouvelle stratégie du Sénégal visant à renforcer sa conformité fiscale et à réduire sa dépendance aux financements extérieurs. Une orientation saluée, perçue comme un pas positif vers une plus grande autonomie économique. Cependant, cette approbation s’accompagne d’un rappel ferme : l’institution de Bretton Woods ne transigera pas sur l’affaire de la fausse déclaration budgétaire qui a gelé tout décaissement depuis un an.

Le Sénégal, en quête de restauration de la confiance de ses partenaires internationaux et de reprise des discussions pour de nouveaux programmes de financement, se trouve à un carrefour important. L’engagement envers l’autosuffisance est un signe fort de sa volonté de maîtriser son destin économique, mais le passif de la “fausse déclaration” continue de peser lourdement.

La stratégie d’autosuffisance, qui se traduit par d’importants efforts pour mobiliser les recettes intérieures et une gestion plus rigoureuse des dépenses, est vue d’un bon œil par le FMI. Cette démarche est en phase avec les recommandations de l’institution, qui prône une meilleure résilience des économies face aux chocs extérieurs et une réduction de la dette publique. Renforcer la conformité fiscale est un élément clé de cette approche, permettant de diversifier les sources de revenus de l’État et de consolider les marges de manœuvre budgétaires.

L’ombre de la “fausse déclaration” persiste

Malgré ces avancées louables, le FMI a clairement indiqué que l’affaire de la fausse déclaration budgétaire ne sera pas reléguée aux oubliettes. Cette inexactitude dans les données financières soumises au Fonds avait entraîné une suspension temporaire des programmes et des discussions sur de nouveaux financements. Le FMI insiste sur la nécessité de préserver la transparence et la crédibilité des données économiques, éléments fondamentaux pour toute relation de confiance avec les institutions financières internationales.

Le dialogue avec les autorités sénégalaises est maintenu, avec pour objectif de comprendre les raisons de ces erreurs et d’élaborer des mesures correctives solides. La reprise des décaissements et l’approbation de nouveaux programmes dépendront de la résolution de cette situation et de la mise en place de garanties pour une meilleure gestion des finances publiques à l’avenir. Edward Gemayel, représentant du FMI, a déjà souligné que les discussions ne reprendront qu’après la résolution de ces erreurs de déclaration, tout en exprimant sa confiance quant à une progression rapide une fois cette situation stabilisée.

Enjeux et perspectives pour le Sénégal

Pour le Sénégal, les enjeux sont de taille. D’une part, réussir sa stratégie d’autosuffisance lui permettrait de réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des financements externes et de renforcer sa souveraineté économique. D’autre part, la résolution de l’affaire de la fausse déclaration est impérative pour restaurer pleinement la confiance du FMI et des autres partenaires au développement, qui jouent un rôle fondamental dans le financement de projets structurants et la notation du pays.

Depuis un an, le pays s’est tourné vers les marchés régionaux pour lever des fonds, atteignant plus de 700 milliards de francs CFA entre mars 2024 et mai 2025. Cette capacité à mobiliser des ressources internes et régionales est un atout, mais ne saurait remplacer le soutien institutionnel du FMI, dont l’absence peut compliquer la prévisibilité budgétaire et la capacité à mobiliser des financements extérieurs à grande échelle à moyen terme.

Laisser une reponse