Ghana : Accord inédit entre l’État et neuf géants de l’or pour sécuriser 20% de leur production

Ghana : Accord inédit entre l’État et neuf géants de l’or pour sécuriser 20% de leur production
Le paysage de l’exploitation aurifère au Ghana connaît une transformation majeure avec la signature d’un accord novateur entre le Ghana Gold Board (GoldBod), la nouvelle entité publique chargée de superviser le secteur, et neuf des principales compagnies minières opérant dans le pays. Cette entente historique stipule que ces entreprises devront céder à l’État ghanéen 20 % de leur production d’or destinée à l’exportation.
Ce partenariat stratégique, qui fait suite à d’âpres négociations, témoigne d’une volonté politique forte de maximiser les bénéfices tirés de l’or, une ressource naturelle essentielle pour l’économie ghanéenne. Les sociétés concernées par cet accord d’une portée inédite sont Golden Team Mining Company Limited, Akroma Gold Limited, Adamus Resources Limited, Cardinal Namdini Mining Limited, Goldstone Akrokeri Limited, Earl International Group (GH) Limited, Xtra Gold Mining Limited, Prestea Sankofa Gold Limited et Gan He Mining Resource Development Limited, comme l’a officialisé un communiqué de GoldBod daté du 30 avril.
Modalités de l’accord : un circuit de commercialisation redéfini
Les termes de l’accord établissent un nouveau protocole de livraison pour les 20 % de la production aurifère concernée. Les compagnies minières devront acheminer ces lingots d’or vers le laboratoire d’analyse de GoldBod, stratégiquement situé à l’aéroport international de Kotoka à Accra, qui servira de point de collecte officiel. La contrepartie financière sera versée en cédis ghanéens dans un délai de deux jours ouvrables suivant la livraison. Le prix d’achat sera indexé sur le cours au comptant du marché mondial, assorti d’une décote de 1 %.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie gouvernementale plus ambitieuse visant à consolider les réserves nationales d’or et de devises étrangères. Il est important de noter que cette mesure intervient peu après une décision gouvernementale conférant à GoldBod le monopole de l’achat de la production artisanale d’or, une mesure entrée en vigueur également le 30 avril. Ces deux actions combinées signalent une reprise en main significative de la chaîne de valeur aurifère par l’État ghanéen.
Souveraineté économique et renforcement de la monnaie nationale
L’objectif principal de cette nouvelle politique est de renforcer la souveraineté économique du Ghana. En canalisant une part substantielle de sa production d’or vers le marché intérieur, le pays cherche à s’affranchir de la volatilité des marchés des changes et à constituer des réserves stratégiques plus robustes. La décision de libeller les transactions en cédis ghanéens, en s’appuyant sur le taux de change interbancaire publié par la Banque du Ghana (BoG), illustre une volonté claire d’ancrer la valeur de l’or au cœur de l’économie nationale et de soutenir la stabilité de sa monnaie.
Cet accord représente une avancée notable dans la quête d’une distribution plus équitable des richesses issues de l’exploitation minière. Si ce modèle s’avère probant, il pourrait bien inspirer d’autres nations africaines riches en ressources naturelles, désireuses de transcender un modèle économique basé sur l’exportation brute au profit d’une gestion plus autonome et stratégique de leurs actifs. L’initiative ghanéenne pourrait ainsi marquer un tournant dans la manière dont les pays africains envisagent la valorisation de leurs ressources naturelles et leur contribution au développement national.






