Pétrole : L’OPEP ajuste ses prévisions de demande mondiale face aux tensions commerciales

Pétrole : L’OPEP ajuste ses prévisions de demande mondiale face aux tensions commerciales
Dans un environnement économique mondial où les frictions commerciales s’intensifient, notamment dans le sillage des tensions sino-américaines, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a procédé à un réajustement mineur de ses projections concernant la croissance de la demande planétaire d’or noir pour l’horizon 2025-2026.
D’après le bulletin mensuel diffusé ce jour par le cartel pétrolier, l’expansion de la consommation mondiale devrait s’établir à 1,3 million de barils par jour (Mb/j) pour l’année 2025, contre une évaluation antérieure de 1,4 Mb/j. L’OPEP table sur une progression analogue pour l’exercice 2026, soit une augmentation d’environ 1% en rythme annuel. Cette révision, bien que d’ampleur limitée, traduit principalement l’incidence escomptée des récents prélèvements douaniers imposés par les États-Unis, une mesure susceptible de tempérer l’appétit énergétique global dans les périodes à venir.
“Cette inflexion marginale résulte essentiellement des données recueillies au titre du premier trimestre 2025 et de l’impact présumé sur la sollicitation pétrolière, eu égard à l’instauration récente des barrières tarifaires américaines”, a explicité l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole dans sa publication.
Un optimisme relatif au sein de l’OPEP face aux évaluations externes
En dépit de ce recalibrage prudent, l’OPEP conserve une vision plus favorable que d’autres instances de référence du secteur énergétique. L’Administration américaine d’information sur l’énergie (EIA) a notamment revu considérablement à la baisse son estimation de croissance pour 2025, la ramenant à 900 000 barils par jour, soit une contraction de 30%. De son côté, la banque d’investissement Goldman Sachs manifeste une prudence accrue, anticipant une progression de la demande circonscrite à 500 000 barils par jour.
Divergences internes et défis productifs au sein du conglomérat
Cette révision des prévisions intervient dans un contexte de dissensions intestines au sein de l’OPEP et de ses partenaires (OPEP+). Riyad, acteur prééminent du groupement, s’efforce d’assurer l’observance des quotas de production agréés par l’ensemble des adhérents. Néanmoins, certains États, à l’instar du Kazakhstan, s’affranchissent ouvertement de ces limitations. Au mois de mars écoulé, la production kazakhe a culminé en moyenne à 1,852 million de barils par jour, excédant sa quote-part de 422 000 barils. En dépit des engagements pris, les avancées en matière de conformité aux obligations demeurent ténues.
Marchés pétroliers sous tension et persistance de la volatilité
Sur les places financières internationales, le cours du baril de pétrole demeure sous pression. À Londres, les contrats à terme sur le brut oscillent autour de 65 dollars, après avoir enregistré un repli significatif la semaine précédente, atteignant leur nadir depuis quatre années. Ce fléchissement s’explique en partie par les incertitudes grandissantes concernant la conjoncture économique mondiale, mais également par les doutes persistants quant à la capacité de l’OPEP à exercer une régulation efficiente de l’offre.
Il convient de souligner que les prévisions de l’OPEP font l’objet de réévaluations régulières en fonction de l’évolution du panorama économique et géopolitique. L’organisation avait d’ailleurs amorcé l’année 2024 avec des perspectives jugées excessivement optimistes par de nombreux observateurs, avant de procéder à six ajustements consécutifs à la baisse au cours des mois ultérieurs.
La prochaine publication des projections de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), vivement attendue par les opérateurs de marché, devrait apporter un éclairage complémentaire sur les tendances futures de la demande globale de pétrole.







