
La BIDC injecte 180 millions USD pour propulser le projet ferroviaire Nigeria – Niger
Un vent d’optimisme souffle sur le projet ferroviaire tant attendu reliant le nord du Nigeria au Niger. La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a annoncé, lors de sa 91e réunion ordinaire du conseil d’administration tenue le 3 avril par vidéoconférence, l’approbation d’une ligne de crédit substantielle de 180 millions de dollars américains, équivalant à 108 milliards de francs CFA. Ce financement crucial est destiné à la filiale nigériane du groupe portugais Mota-Engil, acteur majeur du secteur du BTP, et vient consolider le montage financier de cette infrastructure régionale d’envergure.
Ce nouvel apport de fonds de la BIDC constitue un cofinancement essentiel pour la construction du projet ferroviaire Kano-Maradi, une ligne de transport à écartement standard de 284 kilomètres. Cette initiative ambitieuse vise à connecter le cœur économique du nord du Nigéria à la République du Niger, marquant une étape décisive dans les efforts d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.
Le projet ferroviaire Kano-Maradi dépasse la simple liaison physique. Il incarne une vision de développement harmonieux et inclusif prônée par la BIDC. En facilitant les échanges transfrontaliers, il promet de dynamiser le commerce et de fluidifier la circulation des marchandises entre les deux nations. De plus, il devrait avoir un impact socio-économique considérable en stimulant la mobilité des personnes, en favorisant les interactions culturelles et en ouvrant de nouvelles perspectives pour les communautés riveraines.
L’ampleur des retombées économiques attendues est significative. Durant la phase de construction, le projet devrait générer plus de 100 000 emplois, offrant des opportunités de travail considérables pour les populations locales. Une fois opérationnel, ce sont près de 20 000 emplois permanents qui devraient être créés, contribuant durablement à la croissance économique de la région.
Le lancement officiel des travaux de ce projet structurant remonte au 9 février 2021, avec une livraison initialement escomptée pour cette année 2025. Malgré certains défis inhérents à des projets de cette envergure, l’état d’avancement des travaux est encourageant, affichant un taux de réalisation de plus de 80% au mois de mars 2024.
Il est important de souligner que ce projet a déjà bénéficié d’un financement conséquent de 1,3 milliard de dollars (789 milliards FCFA) obtenu en mars 2024 auprès d’un consortium mené par la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC), une entreprise chinoise reconnue pour son expertise dans le domaine du BTP. L’engagement continu de partenaires financiers de premier plan, à l’instar de la BIDC et de la CCECC, témoigne de la viabilité et de l’importance stratégique de cette infrastructure.
La synergie entre le Nigéria et le Niger, qui partagent une frontière commune de 1 500 kilomètres et entretiennent des relations économiques solides depuis de nombreuses années, est un facteur clé de succès pour ce projet. Cette liaison ferroviaire renforcera davantage ces liens, ouvrant de nouvelles perspectives de collaboration et de prospérité partagée.
L’investissement de la BIDC dans le projet ferroviaire Kano-Maradi illustre parfaitement son rôle de catalyseur du développement régional. En soutenant des initiatives d’infrastructure de cette nature, la banque sous-régionale contribue activement à l’atteinte des objectifs d’intégration de la CEDEAO et à l’amélioration des conditions de vie des populations ouest-africaines. La concrétisation de ce projet ferroviaire représente un pas de géant vers une Afrique de l’Ouest plus connectée, plus prospère et plus intégrée.






