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Cameroun : L’État renforce son plan d’import-substitution agricole avec un budget de 1 500 milliards de FCFA

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Cameroun : L’État renforce son plan d’import-substitution agricole avec un budget de 1 500 milliards de FCFA

Le gouvernement camerounais intensifie ses efforts pour atteindre les objectifs ambitieux de son Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah). Face aux résultats mitigés de la première année de mise en œuvre, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a annoncé une augmentation du budget alloué à ce plan, le portant à 1 500 milliards de FCFA, soit une hausse de 9,4% (+128,5 milliards de FCFA).

Cette décision, prise lors du premier Conseil de cabinet de l’année, témoigne de la volonté du gouvernement de relancer une initiative importante pour la sécurité alimentaire et le développement économique du pays. Les chiffres récents du ministère de l’Économie sont alarmants : 3,080 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, dont 265 314 en urgence, soit près de 11% de la population camerounaise. Malgré le lancement du Piisah, ce nombre a augmenté de 180 000 personnes en un an.

Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés. L’objectif de 426 000 hectares de terres cultivées n’a été atteint qu’à moitié, avec seulement 200 000 hectares réalisés. Pour inverser la tendance, le gouvernement a revu ses objectifs à la hausse et élargi le champ d’action du Piisah.

Les nouvelles orientations du Piisah sont les suivantes : le budget alloué passe de 1 371,5 milliards à 1 500 milliards de FCFA ; 400 000 hectares de terres seront sécurisés en urgence dans la Plaine Centrale, avec l’objectif de parvenir à 1,278 million d’hectares à terme ; 160 000 hectares d’espaces halieutiques seront aménagés, avec un accent sur le désenclavement des zones de production ; le sucre et les engrais rejoignent la liste des spéculations prioritaires, aux côtés du blé et des farines locales, du riz, de l’huile de palme, du soja, du maïs, du lait et du poisson ; l’État sera plus regardant sur la mission des entreprises publiques du secteur agropastoral et mettra en place des contrats de performance avec des structures spécialisées.

Pour assurer une meilleure exécution du Piisah, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Économie de lui soumettre des rapports réguliers sur l’avancement du plan, en soulignant les difficultés rencontrées. Il a également appelé les ministres de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, ainsi que celui de l’Agriculture, à responsabiliser pleinement les organes opérationnels impliqués dans la mise en œuvre du Piisah.

Cette nouvelle impulsion donnée au Piisah témoigne de la volonté du gouvernement camerounais de faire de l’agriculture un levier essentiel de son développement économique et de garantir la sécurité alimentaire de sa population. Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour atteindre les objectifs ambitieux fixés pour ce plan.

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